Phidippide, moins par honneur que par amour-propre et par crainte du ridicule, refuse la proposition de son père:
«N'espère pas que j'y consente! Pour devenir pâle et maigre! et ne plus oser regarder en face mes amis les cavaliers!»
Comme on dirait aujourd'hui: Mes amis du Jockey-club.
STREPSIADE.
Eh bien donc, par Cérès! je ne te nourrirai plus, ni toi, ni ton attelage, ni ton cheval pur-sang! Va te faire pendre, je te chasse!
PHIDIPPIDE.
Bah! mon oncle Mégaclès ne me laissera pas sans chevaux! Je m'en vais chez lui, et je me passerai bien de toi!
C'est bien la réponse d'un fils mal élevé, et le père est puni par où il a péché, comme l'Avare de Molière, qui donne à son fils sa malédiction et à qui celui-ci répond: «Je n'ai que faire de vos dons!» J.-J. Rousseau, là-dessus, se fourvoie, accusant Molière d'être immoral lorsqu'il fait parler ainsi un fils à son père. Molière, au contraire, est moral ici par la peinture de l'immoralité et en faisant punir les vices du père par les défauts du fils. Aristophane, de même, dans cet endroit, ne mérite que des louanges.
Il en mérite également lorsqu'il attaque les excès de certains sophistes. Mais il est digne du blâme le plus sévère, lorsqu'il présente Socrate comme leur chef, lui leur éternel adversaire.
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