SOCRATE.
Par quels dieux jureras-tu? Car il faut que tu saches d'abord que les dieux n'ont pas cours chez nous.
STREPSIADE.
Par quoi jurez-vous donc?…
Socrate lui apprend comme quoi les seules divinités qu'il adore sont les Nuées. Il faut les invoquer, c'est le moyen de devenir «un roué d'éloquence, un vrai claquet, la fine fleur!».
Et le personnage, en parlant ainsi, se met à singer les Mystères, saupoudrant Strepsiade de farine; et autres cérémonies, qui donnent lieu à toutes sortes de parodies plaisantes.
* * * * *
L'invocation aux Nuées et le chœur des Nuées elles-mêmes sont des morceaux d'une fantaisie gracieuse et d'une poésie exquise.
SOCRATE.
Silence, vieillard! Prête l'oreille aux prières!—Ô Maître suprême, Air sans bornes, qui tiens la Terre suspendue, brillant Éther, et vous, vénérables Déesses, Nuées, qui portez dans vos flancs les éclairs et la foudre, élevez-vous et apparaissez au penseur dans les régions célestes!