Non vraiment: je croyais qu'elles n'étaient que brouillard, rosée, vapeur.

SOCRATE.

Alors tu l'ignores aussi sans doute, ce sont-elles qui nourrissent la foule des sophistes, des empiriques, des devins, des fainéants aux longs cheveux et aux doigts chargés de bagues[75], des poëtes lyriques, des métaphysiciens, tas de flâneurs et de hâbleurs, qu'elles font vivre parce qu'elles les chantent!

Socrate enseigne à Strepsiade que les Nuées sont les seules vraies divinités; que tous les autres dieux ne sont que fables.

«Mais Jupiter?

—Il n'y a point de Jupiter!

—Et le Tonnerre?

—Ce sont les Nuées qui se heurtent.

—Le moyen de croire cela?

—Tu vas le comprendre par ton propre exemple: lorsqu'aux Panathénées tu t'es gorgé de viande, n'entends-tu pas ton ventre se troubler et retentir de grondements sourds?