Le chœur des guêpes bourdonne de joie; tous ces vieux héliastes se gonflent d'orgueil, aux paroles enthousiastes de leur collègue Philocléon.

Jamais, dit le coryphée, je n'ai entendu parler avec tant d'éloquence et de raison!… Il a tout dit; pas une omission! Aussi je grandissais à l'écouter; je croyais rendre la justice dans les îles Fortunées[109], tant j'étais sous le charme de sa parole!

BDÉLYCLÉON.

Comme il se pâme d'aise! comme il est hors de lui! Attends, va, je te ferai voir les étrivières!

Et, par cette transition, vient la contre-partie, où Aristophane réplique, sous le nom de Bdélycléon; c'est là le cœur même de la pièce et de la discussion sociale qu'elle contient.

Il prouve que les juges, si satisfaits de leur royauté et de leur liste civile du triobole, ne reçoivent pas même le dixième des revenus publics, et que les démagogues, dévorant tout, ne leur laissent que les miettes.

En effet, chaque juge recevant 3 oboles par séance, 6000 juges, à 3 oboles par jour, font 540 000 oboles par mois;

La drachme étant de 6 oboles, cela fait par mois 90 000 drachmes;

La mine étant de 100 drachmes, cela fait 900 mines;

Le talent étant de 60 mines, cela fait 15 talents;