Oui, faites entendre des paroles favorables.

LE CHŒUR.

Ô Phœbos Apollon Pythien! Donne une issue heureuse pour nous tous à l'affaire que celui-ci prépare là devant sa porte, et délivre-nous de nos erreurs, ô Péan secourable!

BDÉLYCLÉON.

Ô puissant dieu qui veilles à ma porte devant mon vestibule, Apollon Agyiée[115], accepte ce sacrifice nouveau; je te l'offre pour que tu daignes adoucir l'excessive sévérité de mon père. Il est aussi dur que le fer; son cœur est comme un vin aigri; verses-y un peu de miel. Qu'il devienne doux pour les autres hommes; qu'il s'intéresse plus aux accusés qu'aux accusateurs; qu'il se laisse attendrir aux prières! Calme son âpre humeur; arrache les orties de son âme irritée!

LE CHŒUR.

Nos chants et nos vœux s'unissent aux tiens, dans ces nouvelles fonctions que tu exerces; ton langage a gagné nos cœurs, parce que nous sentons que tu aimes le peuple plus que pas un des jeunes gens d'aujourd'hui.

N'oublions pas qu'Aristophane, se confondant avec Bdélycléon, l'hommage que le chœur adresse à celui-ci est un témoignage que le poëte, fort de sa conviction sincère et de son patriotique dessein, se rend publiquement à lui-même.

* * * * *

Dans ce qui précède immédiatement, n'est-ce pas un mélange curieux, intéressant à observer, que celui de ces formes religieuses et lyriques, avec ces grosses bouffonneries? et que cette fraîche poésie, qui fleurit légère et charmante, parmi tant d'inventions burlesques?