Pour qui étudie l'art de présenter la critique littéraire sous une forme vive et dramatique, cette scène des Acharnéens est un modèle.
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Or elle est comme le prélude des Femmes aux fêtes de Cérès et des Grenouilles.
Notons d'autre part, qu'il y a trois comédies d'Aristophane où les femmes,—les femmes grecques,—figurent comme personnages principaux; ce sont:Lysistrata,—les Femmes à l'Assemblée,—et celle-ci: les Femmes aux fêtes de Cérès.
LES FEMMES AUX FÊTES DE CÉRÈS.
On dit qu'il y eut deux pièces portant ce titre, qui est en grec: les Thesmophoriazuses. Ou bien ce serait la même pièce qui, ayant eu sous sa première forme, peu de succès (s'il en faut croire Artaud), aurait été refondue. Il ajoute cette remarque: «Un passage cité par Aulu-Gelle (livre XV, ch. XX) et par Clément d'Alexandrie (Stromat., livre VI) comme de la première édition, se trouve dans la pièce telle que nous l'avons aujourd'hui; un autre que cite Athénée comme appartenant à la seconde, ne s'y trouve point: d'où il résulte que nous avons la première;» celle, par conséquent qui eut peu de succès.
Cependant, la pièce, telle que nous la possédons, n'est à mon avis, ni moins bien menée, ni moins gaie, ni moins gaillarde même, que Lysistrata. Peut-être un peu moins serrée seulement. Elle est remplie de parodies, et extrêmement littéraire, soit par le fond, soit par la forme.
Les Thesmophoriazuses, c'est à dire les Femmes célébrant les Fêtes de Cérès et de Proserpine. L'assemblée des Thesmophoriazuses se formait de la manière suivante: chaque tribu élisait deux femmes qui prenaient part à la fête; en montant à Éleusis, elles portaient sur la tête les livres sacrés où étaient écrites les lois de Cérès, appelées Θεσμοί: de là le nom de Thesmophories: procession où l'on portait les Thesmoi. On ne sait pas avec certitude si, comme Théodoret l'assure, les femmes adoraient dans ces mystères le signe représentatif des parties qui distinguent leur sexe, ainsi que cela se pratiquait aux mystères d'Éleusis; mais Apollodore dit formellement qu'elles se permettaient dans ces fêtes les propos les plus lascifs, en mémoire de ceux avec lesquels Iambè ou Baubo, selon les vers attribués à Orphée, avait fait rire Cérès malgré sa douleur, lorsqu'elle était venue chez Célée, en cherchant Proserpine.
Quoi qu'il en soit, l'entrée du temple où les femmes célébraient ces fêtes était interdite aux hommes.
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