Nous autres, au rebours, nous sommes tout confits en décence et en hypocrisie publique.
Au surplus, bien des choses qui paraissent grossières quand on les traduit du grec en français, sont exquises dans le grec. Quelque énormes qu'elles puissent sembler ici, où encore on n'en laisse voir qu'une faible partie, dans le texte c'est la grâce même. Voilà ce qu'il ne faut pas perdre de vue en lisant ces études sincères.
Elles parurent pour la première fois en 1849, dans la Liberté de penser. En les revoyant, après dix-huit ans, je les ai un peu modifiées; j'ai ajouté plus d'un détail, j'en ai retranché d'autres, qui faisaient allusion aux événements de ce temps-là, et qui aujourd'hui ne s'entendraient plus.
Quant aux citations assez nombreuses, qui donnent ici la fleur des comédies d'Aristophane, je les ai cueillies sur le texte même la plupart du temps,—sans négliger cependant de me servir parfois des deux remarquables traductions d'Artaud et Destainville, et de mon ancien élève Poyard, mais en essayant çà et là de serrer de plus près encore le poëte grec, et d'en saisir au vol le mouvement et la couleur.
Bref, on trouvera dans ces Études une sorte d'Aristophane écrémé, à l'usage des gens du monde qui ont de l'esprit et de l'honnêteté, et qui, par conséquent, ne sont pas prudes.
É. D.
ÉTUDES SUR ARISTOPHANE.
VUE GÉNÉRALE.
Chez les Athéniens, comme le dit Fénelon avec une brièveté élégante, «tout dépendait du peuple et le peuple dépendait de la parole.»
Or, les deux principales formes de la parole publique à Athènes, étaient la tribune et le théâtre.