Méton ne se le fait pas dire deux fois, et arpente, sans règle ni toise:
Peisthétairos le chasse à coups de trique.

Ce Méton, malmené si lestement par Peisthétairos et par Aristophane, est-il le même que le célèbre astronome athénien qui forma, vers l'an 432 avant notre ère, un cycle de dix-neuf ans, dans le dessein de faire concorder l'année lunaire avec l'année solaire (ce qu'on nomme aujourd'hui le Nombre d'or)? Je ne sais; mais cela paraît probable, et il n'y aurait rien d'étonnant à voir un homme très-sérieux comme l'astronome Méton traité par Aristophane avec autant d'irrévérence que le grand Socrate.

* * * * *

Survient un inspecteur, avec des airs de roi, dans cette ville qui existe à peine. C'est une satire des petits fonctionnaires qui étaient chargés d'inspecter les cités tributaires, et qui faisaient du zèle aux dépens de ces villes, à moins qu'on ne leur graissât la patte.

PEISTHÉTAIROS, à voix basse.

Veux-tu recevoir ton salaire, ne rien faire et t'en aller?

L'INSPECTEUR.

Ma foi! oui; j'aurais bien besoin d'être à Athènes pour assister à l'Assemblée: je suis chargé des intérêts de Pharnace[209].

PEISTHÉTAIROS, le battant.

Tiens, voici ton salaire, va-t'en avec cela!