LA MÈRE DE DIEU.
Debout! debout! Qu'attendez-vous, femmes? Sortez, allez du côté de la ville. Approchez-vous autant que cela vous sera possible, vous apprendrez peut-être quelque chose de nouveau.
Un cinquième messager arrive:
Où pourrais-je trouver la mère de Jésus? Est-elle dans cette maison?
LE CHŒUR.
Tu la vois, c'est elle qui est là.
Il lui annonce qu'une nombreuse cohorte marche vers le tombeau pour le garder, de peur que les disciples ne dérobent le corps.
LA MÈRE DE DIEU.
Va! va! cohorte impie, veille bien alentour. Tu serviras peut-être de témoin à sa résurrection.
La nuit marche (comme on vient de le voir, c'est la troisième nuit depuis le commencement de la pièce). Une des femmes, Magdeleine, se propose de sortir pour aller épier autour du tombeau; elle y rencontrera peut-être celles qui y sont restées.—La mère de Dieu veut partir avec elle. Elles réveillent les femmes qui se sont endormies. «Allons! allons! ouvrez vos yeux. Ne voyez-vous pas la lune qui brille? L'aurore, l'aurore va paraître! Voici déjà l'étoile du matin.» Ici la scène changeant de nouveau, ou le décor étant double, ainsi que nous avons dit, Magdeleine et la mère de Dieu rencontrent les autres femmes qui veillaient à quelque distance du sépulcre.—Enfin elles arrivent au sépulcre même.—Plus de gardes! Embaumons le corps; mais qui soulèvera la pierre? La pierre a roulé loin du tombeau. Le tombeau est vide; le corps a été enlevé!-—Elles sont saisies d'effroi. Tout-à-coup un ange, vêtu de lumière et de blancheur, éblouissant comme la neige, leur annonce la résurrection du Christ. Bientôt, le Christ lui-même leur apparaît, et leur ordonne d'aller annoncer aux disciples la bonne nouvelle.