LYSISTRATA.
Durant la dernière guerre nous avons supporté en silence tout ce qu'il vous plaisait de faire: vous ne nous permettiez pas de souffler mot. Nous n'étions guère contentes, car nous savions bien ce qu'il en était; souvent, dans nos maisons, nous vous entendions discuter à tort et à travers sur quelque affaire importante. Alors, le cœur bien triste, mais le sourire aux lèvres, nous vous demandions: «Eh bien! dans l'assemblée d'aujourd'hui, a-t-on voté la paix?—Occupe-toi de tes affaires, disait le mari, tais-toi.»—Et je me taisais.
UNE FEMME.
Ce n'est pas moi qui me serais tue!
L'OFFICIER DE POLICE.
Il t'en aurait cuit, de ne pas te taire!
LYSISTRATA.
Moi, je me taisais. Mais bientôt, apprenant que vous aviez pris quelque autre résolution déplorable: «Ah! mon ami, disais-je, comment pouvez-vous agir si follement?» Il me regardait de travers: «Tisse ta toile, répondait-il, sinon gare à tes joues! La guerre est l'affaire des hommes[40]!»
L'OFFICIER DE POLICE.
Bien dit, par Jupiter!