LYSISTRATA.
Eh! misérable, elle pèse sur nous d'un double poids: d'abord nous enfantons des fils qui vont faire la guerre loin du pays…
L'OFFICIER DE POLICE.
Tais-toi, ne rappelle pas nos malheurs[42]!
LYSISTRATA.
Ensuite, au lieu de nous amuser et de jouir de notre jeunesse, nous couchons seules: nos maris sont au camp!… Passons sur ce qui nous regarde; mais les filles qui vieillissent dans leur lit solitaire, je pleure quand j'y pense!
L'OFFICIER DE POLICE.
Et les hommes, ne vieillissent-ils pas?
LYSISTRATA.
Quelle différence! l'homme, à son retour, eût-il des cheveux gris, trouve aisément une jeune femme. Mais la saison d'une femme est courte, et, si elle la laisse passer, elle ne trouve plus de mari, et reste assise, à consulter le sort…