/* +————-+—————-+————-+—————+————-+———————-+ | | DANEMARK. | PRUSSE. | BAVIÈRE. | SAXE | AUTRICHE. | | | | | | ROYALE. | | +————-+—————-+————-+—————+————-+———————-+ | 1847. | 345 | 1.852 | 217 | | 611 (en 1846) | +————-+—————-+————-+—————+————-+———————-+ | 1848. | 305 | 1.649 | 215 | 398 | | +————-+—————-+————-+—————+————-+———————-+ | 1849. | 337 | 1.527 | 189 | 328 | 452 | +————-+—————-+————-+—————+————-+———————-+ */
En Allemagne, l'émotion a été beaucoup plus vive qu'en Danemark et la lutte plus longue même qu'en France où, sur-le-champ, un gouvernement nouveau se constitua; aussi la diminution, dans les États allemands, se prolonge-t-elle jusqu'en 1849. Elle est, par rapport à cette dernière année de 13 % en Bavière, de 18 % en Prusse; en Saxe, en une seule année, de 1848 à 1849, elle est de 18 % également.
En 1851, le même phénomène ne se reproduit pas en France, non plus qu'en 1852. Les suicides restent stationnaires. Mais, à Paris, le coup d'État produit son effet accoutumé; quoiqu'il ait été accompli en décembre, le chiffre des suicides tombe de 483 en 1851 à 446 en 1852 (-8 %) et, en 1853, ils restent encore à 463[195]. Ce fait tendrait à prouver que cette révolution gouvernementale a beaucoup plus ému Paris que la province, qu'elle semble avoir laissée presque indifférente. D'ailleurs, d'une manière générale, l'influence de ces crises est toujours plus sensible dans la capitale que dans les départements. En 1830, à Paris, la décroissance a été de 13 % (269 cas au lieu de 307 l'année précédente et de 359 l'année suivante); en 1848, de 32 % (481 cas au lieu de 698)[196].
De simples crises électorales, pour peu qu'elles aient d'intensité, ont parfois le même résultat. C'est ainsi que, en France, le calendrier des suicides porte la trace visible du coup d'État parlementaire du 16 mai 1877 et de l'effervescence qui en est résultée, ainsi que des élections qui, en 1889, mirent fin à l'agitation boulangiste. Pour en avoir la preuve, il suffit de comparer la distribution mensuelle des suicides pendant ces deux années à celle des années les plus voisines.
/* +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ | | 1876. | 1877. | 1878. | 1888. | 1889. | 1890. | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ |Mai. | 604 | 649 | 717 | 924 | 919 | 819 | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ |Juin. | 662 | 692 | 682 | 851 | 829 | 822 | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ |Juillet. | 625 | 540 | 693 | 825 | 818 | 888 | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ |Août. | 482 | 496 | 547 | 786 | 694 | 734 | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ |Septembre.| 394 | 378 | 512 | 673 | 597 | 720 | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ |Octobre. | 464 | 423 | 468 | 603 | 648 | 675 | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ |Novembre. | 400 | 413 | 415 | 589 | 618 | 571 | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ |Décembre. | 389 | 386 | 335 | 574 | 482 | 475 | +—————+———-+———-+———-+———-+———-+———-+ */
Pendant les premiers mois de 1877, les suicides sont supérieurs à ceux de 1876 (1.945 cas de janvier à avril au lieu de 1.784) et la hausse persiste en mai et en juin. C'est seulement à la fin de ce dernier mois que les Chambres sont dissoutes, la période électorale ouverte en fait, sinon en droit; c'est même vraisemblablement le moment où les passions politiques furent le plus surexcitées, car elles durent se calmer un peu dans la suite par l'effet du temps et de la fatigue. Aussi, en juillet, les suicides, au lieu de continuer à dépasser ceux de l'année précédente, leur sont-ils inférieurs de 14 %. Sauf un léger arrêt en août, la baisse continue, quoique à un moindre degré, jusqu'en octobre. C'est l'époque où la crise prend fin. Aussitôt qu'elle est terminée, le mouvement ascensionnel, un instant suspendu, recommence. En 1889, le phénomène est encore plus marqué. C'est au commencement d'août que la Chambre se sépare; l'agitation électorale commence aussitôt et dure jusqu'à la fin de septembre; c'est alors qu'eurent lieu les élections. Or, en août, il se produit, par rapport au mois correspondant de 1888, une brusque diminution de 12 %, qui se maintient en septembre, mais cesse non moins soudainement en octobre, c'est-à-dire dès que la lutte est close.
Les grandes guerres nationales ont la même influence que les troubles politiques. En 1866 éclate la guerre entre l'Autriche et l'Italie, les suicides diminuent de 14 % dans l'un et dans l'autre pays.
/* +—————————————-+——————+—————-+———————-+ | | 1865. | 1866. | 1867. | +—————————————-+——————+—————-+———————-+ | Italie | 678 | 588 | 657 | +—————————————-+——————+—————-+———————-+ | Autriche | 1.464 | 1.265 | 1.407 | +—————————————-+——————+—————-+———————-+ */
En 1864, ç'avait été le tour du Danemark et de la Saxe. Dans ce dernier État, les suicides qui étaient à 643 en 1863, tombent à 545 en 1864 (-16 %) pour revenir à 619 en 1865. Pour ce qui est du Danemark, comme nous n'avons pas le nombre des suicides en 1863, nous ne pouvons pas lui comparer celui de 1864; mais nous savons que le montant de cette dernière année (411) est le plus bas qui ait été atteint depuis 1852. Et comme en 1865 il s'élève à 451, il est bien probable que ce chiffre de 411 témoigne d'une baisse sérieuse.
La guerre de 1870-71 eut les mêmes conséquences en France et en
Allemagne: