Parce qu'elle prévoit que je saurai régner.

Cependant Arsinoé vient à bout de ses mauvais desseins. Nicomède est arrêté, enchaîné. Flaminius va le jeter sur un vaisseau qui est tout prêt, et l'emmener à Rome.

Mais le peuple, qui adore Nicomède, qui ne veut pas d'Attale pour «roi en peinture» et des Romains pour maîtres, le peuple se révolte, cerne le palais. Prusias, Arsinoé sont pâles de terreur. Laodice, qui est, elle aussi, aimée du peuple à cause de sa haine pour Rome, les prend généreusement sous sa protection. Mais Nicomède, qu'est-il devenu? Il a été sauvé. Au moment où on l'entraînait vers le vaisseau de Flaminius, un inconnu, suivi de quelques amis, s'est élancé, a poignardé le chef des gardes qui l'emmenaient, a mis en fuite les autres, a calmé la sédition en montrant au peuple Nicomède sauvé. Quel est cet inconnu?

C'est Attale, le faible et insignifiant Attale, à qui nous n'avons guère pris garde jusqu'à présent, qui a même été traité de très haut par Nicomède, mais qui, à écouter les mâles paroles de son grand frère, a senti peu à peu le noble désir de rivaliser de vaillance avec lui et même de le vaincre en générosité. Il se découvre comme sauveur de Nicomède, et celui-ci le remercie avec la chaleur généreuse qui lui est habituelle:

NICOMÈDE.

Ah! laissez-moi toujours à cette digne marque

Reconnaître en mon sang un vrai sang de monarque.

Ce n'est plus des Romains l'esclave ambitieux,