Allez-y donner ordre, et me laissez ici
Entretenir les miens sur quelque autre souci.
Voilà un généreux, n'est-ce pas? Je le crois comme vous. Cependant remarquez que César est à l'aise pour étaler ces beaux sentiments maintenant qu'il n'a plus rien à redouter de son rival. Il y a une générosité plus certaine et plus éclatante, c'est celle qui, ayant tout à craindre et n'ayant rien à gagner, se montre cependant et jaillit du cœur. C'est celle-là que Cornélie va nous montrer. Elle rencontre César, et, loin de trembler devant lui, elle le brave en un magnifique langage.
CORNÉLIE.
César, car le destin, que dans tes fers je brave,
Me fait ta prisonnière, et non pas ton esclave,
Et tu ne prétends pas qu'il m'abatte le cœur
Jusqu'à te rendre hommage et te nommer seigneur;
De quelque rude trait qu'il m'ose avoir frappée,
Veuve du jeune Crasse[40], et veuve de Pompée,