Je n'aimais mieux juger sa vertu par la nôtre,
Et croire que nous seuls armons ce combattant,
Parce qu'au point qu'il est j'en voudrais faire autant.
Enfin César a triomphé du danger qu'il a couru. Le roi d'Egypte a été tué dans une rencontre, pris au piège même qu'il a tendu. César règne sans rivalité en Egypte comme à Rome. Il est tout-puissant. Cornélie ne désarme pas devant le succès. Elle a pu prémunir César contre un lâche complot; mais elle se réserve de le combattre ouvertement sur les champs de bataille. Les restes du parti de Pompée tiennent encore en Afrique. Elle ira les rejoindre. Elle continuera la guerre. Elle le dit en face à César, qui est digne, du reste, d'entendre un tel langage:
César, tiens-moi parole, et me rends mes galères:
Achillas et Photin ont reçu leurs salaires;
Leur roi n'a pu jouir de ton cœur adouci,
Et Pompée est vengé ce qu'il peut[48] l'être ici.
Je n'y saurais plus voir qu'un funeste rivage,
Qui de leur attentat m'offre l'horrible image,