On leur fait admirer les baies qu'on leur donne:
Et tel, à la faveur d'un semblable débit,
Passe pour homme illustre, et se met en crédit.
Voilà notre homme, et comme il dirige sa vie dans la ville nouvelle qu'il veut éblouir. Il n'y a pas grand mal, on peut le dire, tant qu'il débite ces sornettes à des jeunes gens aussi fous que lui. Mais prenez garde: ce qu'il y a de mauvais dans les mensonges, même désintéressés, et dans les paroles en l'air, c'est qu'on prend l'habitude de dire des faussetés, et qu'on en dit ensuite même dans les circonstances graves, même aux personnes à qui l'on doit respect, même à son père.
Dorante, le Menteur, raconte faussement
à son père qu'il est marié.
(Le Menteur.)
P. 154-155.
Le Menteur de la comédie de Corneille a fait un mensonge à son père. Il lui a dit qu'il était marié. Cette fois, l'auteur change de ton, et il met dans la bouche du vieillard offensé un des plus beaux discours contre le mensonge qui ait été écrit: «Etes-vous gentilhomme?» demande brusquement le père à ce fils irrespectueux.
GÉRONTE.
Êtes-vous gentilhomme?
DORANTE, à part.