Cependant d'autres nouvelles arrivent. Le jeune Horace n'était pas un lâche. Sa fuite n'était qu'une ruse. Il comptait que les trois Curiaces blessés le poursuivraient, qu'en le poursuivant, étant blessés plus grièvement les uns que les autres, ils se sépareraient, et que lui, revenant sur eux, n'aurait affaire qu'à un seul à la fois, et pourrait les frapper l'un après l'autre.
Resté seul contre trois, mais, en cette aventure,
Tous trois étant blessés, et lui seul sans blessure,
Trop faible pour eux tous, trop fort pour chacun d'eux,
Il sait bien se tirer d'un pas si dangereux;
Il fuit pour mieux combattre, et cette prompte ruse
Divise adroitement trois frères qu'elle abuse.
Chacun le suit d'un pas ou plus ou moins pressé,
Selon qu'il se rencontre ou plus ou moins blessé;
Leur ardeur est égale à poursuivre sa fuite;