—Qui vous force à lui dire ce qu'est miss Brandon?

—Je lui ai promis l'entière vérité... sur mon honneur.

Il n'y avait pas à se méprendre au haussement d'épaules de M. de Brévan: c'était aussi clair que s'il se fût écrié: «On n'est pas naïf à ce point!»

—Renoncez donc à votre Henriette, mon pauvre ami, dit-il.

Mais l'accès de découragement de Daniel était passé.

—Oh! pas encore, fit-il, les dents serrées par la colère, pas encore... Un honnête homme qui défend son bonheur et sa vie est bien fort... L'expérience me manque, il est vrai, mais vous êtes là, Maxime, et je sais que je puis toujours compter sur vous...

Ce que ne remarquait pas assez Daniel, c'est que M. de Brévan, si ardent à la lutte d'abord, se refroidissait peu à peu, tel qu'un homme qui, s'étant beaucoup avancé, juge qu'il a eu tort et, prudemment, se retire.

—Certes, je suis tout à vous, répondit-il; mais que faire?...

—Eh! ce que vous disiez... Je verrai miss Brandon et j'observerai... je dissimulerai, je gagnerai du temps... j'emploierai des espions s'il le faut, pour fouiller son passé... Je tâcherai d'intéresser à ma cause quelque personnage influent, mon ministre, par exemple, qui me veut du bien... Enfin, j'ai une idée...

—Ah!