—Bigre! fit-il, voilà qui complique la question. Comment donc mademoiselle Henriette habite-t-elle votre maison?

Manifestement le portier était dans ses petits souliers, sinon pour cela, du moins pour autre chose.

—Oh! c'est simple comme bonjour, répondit-il, et si vous voulez que je vous conte l'affaire, vous verrez qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

—Soit, parlez.

—Pour lors, donc, c'était il y a un an, presque jour pour jour, voilà qu'un matin m'arrive un particulier tout ce qu'il y a de mieux couvert, le lorgnon à l'œil, insolent comme un valet de bourreau, enfin un jeune homme très comme il faut. Il me dit qu'il vient de voir à notre porte l'écriteau d'une chambre à louer présentement, et il me demande de la lui montrer. Naturellement je lui réponds que c'est un taudis qui n'est pas fait pour une personne comme lui, mais il insiste et ma foi! je le conduis....

—A la chambre qu'occupe mademoiselle Henriette?...

—Précisément. Je pensais qu'il allait faire le dégoûté, pas du tout. Il regarde où donne la fenêtre, comment ferme la porte, si la cloison est épaisse, et finalement il me dit: «Cela me convient, voici le denier à Dieu.» Et v'lan, il me met vingt francs dans la main... Les bras me tombaient.

Si M. Ravinet était intéressé, il n'y paraissait guère, son visage gardant l'air distrait et ennuyé de l'homme forcé d'écouter les affaires d'autrui.

—Et... qui est-ce ce jeune homme si comme il faut? interrogea-t-il.

—Ah! dame, ni moi non plus... tout ce que je sais de lui c'est qu'il s'appelle Maxime.