—Pourquoi non!...

—Vrai, mon pauvre ami, fit-il, vous êtes trop naïf pour notre temps... Quoi! vous en êtes encore à démêler les intentions de Sarah?... Elles sautent aux yeux, cependant... Vous voyant et vous jugeant, elle s'est dit: «Voici un digne jeune homme qui me gêne, ici, furieusement... envoyons-le respirer un air meilleur à quelques mille lieues.» Et là-dessus elle vous a soufflé cette jolie inspiration de voyage.

Etant donné ce que savait Daniel du caractère de miss Brandon, cette interprétation était un peu plus que probable... Néanmoins, elle ne le contentait pas complétement.

—Que je reste ou que je parte, objecta-t-il, la noce n'en aura pas moins lieu... Donc, point d'intérêt à m'éloigner... Croyez-moi, Maxime, il y a autre chose que ce que vous pensez... A côté de son mariage, miss Brandon doit poursuivre quelque autre but!...

—Lequel?...

—Ah!... voilà ce que je m'épuise à chercher... Mais tenez pour certain que je ne m'abuse pas... je n'en veux pour preuve que ce que miss Sarah m'écrivait ce matin...

M. de Brévan eut un saut de trois pieds.

—Elle vous a écrit! fit-il.

—Oui, et c'est cette maudite lettre qui, plus que tout le reste, m'amène... La voici, lisez-la... Et si vous y comprenez quelque chose, vous serez plus heureux que moi...

D'un coup d'œil, M. de Brévan lut les cinq lignes de miss Brandon, et devenu tout pâle: