Trouvant que cet évanouissement durait par trop longtemps, redoutant peut-être une terminaison fatale, une scène de douleur, des larmes, un à un ils gagnaient sournoisement la porte et s'esquivaient.
Si bien que M. de la Ville-Handry, la jeune comtesse, mistress Brian et sir Tom ne tardèrent pas à se trouver seuls près de la pauvre Henriette, toujours inanimée.
—Nous ne devrions pas la laisser là, dit alors Mme Sarah, elle serait mieux dans son lit...
—Oui, c'est vrai, vous avez raison, approuva le comte, je vais la faire porter dans son appartement.
Et il allongeait le bras pour sonner les domestiques, lorsque sir Thomas Elgin, l'arrêtant, dit d'une voix émue:
—Laissez, monsieur le comte, je la monterai seul.
Et sans attendre une réponse, il l'enleva comme une plume, et la porta jusque chez elle, suivi de M. de la Ville-Handry et de la jeune comtesse.
Il ne pouvait rester dans la chambre de Mlle Henriette, mais il parut ne pouvoir prendre sur lui de s'en éloigner. Longtemps les domestiques ébahis le virent se promener d'un pas fiévreux dans le corridor, donnant, lui toujours si impassible, les signes les plus manifestes d'une agitation extraordinaire.
Et toutes les dix minutes, il interrompait sa promenade, pour demander à travers la porte, d'une voix troublée:
—Eh bien?...