Et torturée par le froid et par le besoin, exténuée, déjà mourante, elle avait attendu... A midi, son père n'ayant pas paru, elle se donna jusqu'à quatre heures... A quatre heures, rien...

—Il faut en finir! se dit-elle...

Ses précautions étaient prises. Elle avait prévenu la Chevassat qu'elle serait absente toute la soirée, et elle s'était procuré une assez grande quantité de charbon....

Elle écrivit deux lettres, l'une à son père et l'autre à M. de Brévan...

Après quoi, ayant hermétiquement bouché toutes les ouvertures de sa chambre, elle alluma deux réchauds, et s'étant étendue sur son lit, elle recommanda son âme à Dieu... Cinq heures sonnaient.

Déjà une vapeur épaisse et âcre s'était répandue dans la chambre, et la bougie ne donnait plus qu'une lueur blafarde... Bientôt il lui sembla que ses tempes étaient comme serrées dans un étau... Elle étouffait et elle avait envie de dormir, et elle sentait à l'estomac une intolérable douleur.

Puis, des idées étranges et incohérentes comme le délire bouillonnèrent dans son cerveau, les oreilles lui tintaient, son pouls battait avec une violence inouïe, des nausées lui soulevaient le cœur et, par moments, elle croyait que d'épouvantables détonations faisaient voler son crâne en éclats...

La bougie s'éteignit... Affolée par la sensation de la mort elle essaya de se lever et ne put... Elle voulut appeler, sa voix, ainsi qu'un râle, expira dans sa gorge...

Puis encore, ses idées se troublèrent tout à fait... la respiration lui manqua... C'était fini... Elle ne souffrait plus!...

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