—Vous avez vu, ma chère enfant, commença-t-elle, que mon frère désire nous trouver, lorsqu'il arrivera, prêtes pour un assez long voyage.

—Oui, madame, et même je m'en suis étonnée...

—Je le conçois... Mais si j'ignore aussi bien que vous les intentions de mon frère, je sais qu'il n'est pas homme à rien faire d'inutile... Nous agirons donc sagement en nous conformant à ses désirs.

Séance tenante, en effet, elles arrêtèrent leurs dispositions, et le lendemain, Mme Bertolle sortit afin d'acheter tout ce qui était nécessaire, des robes toutes faites, pour Mlle de la Ville-Handry, de la chaussure et du linge.

Et vers les cinq heures du soir, tous les préparatifs de la digne veuve et de la jeune fille étaient achevés, et tous leurs effets bien et dûment emballés dans trois grandes malles.

En s'en rapportant à la dépêche du père Ravinet, elles n'avaient plus que deux heures à l'attendre, trois au plus.

Cependant elles étaient loin de compte... La demie de neuf heures était sonnée, quand le bonhomme arriva visiblement fatigué par le long et rapide voyage qu'il venait de faire.

—Enfin!... s'écria Mme Bertolle, nous ne t'espérions plus ce soir...

Mais lui, l'interrompant:

—Eh! chère sœur, crois-tu donc que je ne souffrais pas de l'impatience où je vous savais!... Mais il était urgent de me montrer rue de la Grange-Batelière...