Daniel avait saisi cette main qui lui était tendue, et longtemps il la tint pressée contre ses lèvres... jusqu'à ce qu'enfin la voix de la raison l'arrachant à son extase:
—Il faut que je vous quitte, Henriette, dit-il, si je veux rencontrer Maxime.
Et il s'éloigna d'un pas fiévreux, la tête perdue, désespéré, fou... Son bonheur et sa vie étaient en jeu et, sans qu'il y pût rien, un mot allait faire sa destinée.
Un fiacre passait, vide; il l'arrêta et s'y jeta, en criant au cocher:
—Surtout, marchons... Je paye la course cent sous... 62, rue Laffitte.
Là demeurait M. Maxime de Brévan.
C'était un garçon de trente à trente-cinq ans, remarquablement bien de sa personne, blond, portant toute sa barbe, à l'œil intelligent et à la physionomie sympathique.
Lancé autant qu'on peut l'être dans le monde de la «haute vie,» parmi les gens dont le plaisir est l'unique affaire, M. de Brévan était aimé.
On le disait de relations très-sûres, prompt à rendre un service dès qu'il le pouvait, bon convive et toujours prêt, si un de ses amis se battait en duel, à lui servir de témoin.
Enfin, jamais médisance ni calomnie n'avaient effleuré sa réputation.