Toute la maison était donc sous l'empire d'une déception cruelle, lorsque, sur les cinq heures, le vieil Antoine arriva de Boiscoran. Il semblait fort triste.

—Je suis relevé de ma faction, dit-il; ce tantôt, à deux heures, monsieur Galpin est venu lever les scellés. Il était accompagné de son greffier Méchinet et amenait monsieur Jacques, qui était gardé par deux gendarmes en bourgeois. L'appartement ouvert, ce Galpin de malheur a fait reconnaître à monsieur les vêtements qu'il portait le soir de l'incendie, ses bottes, son fusil Klebb et l'eau de la cuvette. La reconnaissance terminée, l'eau a été transvasée dans un grand bocal qui a été scellé et confié à un gendarme. On a ensuite mis dans une malle les effets de monsieur, son fusil, plusieurs paquets de cartouches, et enfin divers objets que le juge appelait des pièces à conviction. La malle a été scellée comme le bocal, portée sur la voiture, et le Galpin est parti en me disant que j'étais libre.

—Et Jacques, interrogea vivement Mlle Denise, quelle était son attitude?

—Monsieur, mademoiselle, souriait d'un air de mépris.

—Lui avez-vous parlé? demanda maître Folgat.

—Impossible, monsieur, le Galpin ne l'a pas permis.

—Et... avez-vous eu le temps d'examiner le fusil?

—Je n'ai pu que donner un coup d'œil à la batterie.

—Et vous avez vu?...

Le front du fidèle serviteur s'assombrit encore.