—Tenez, maître, essayez de comprendre, dit M. de Chandoré en tendant cette réponse à maître Folgat.
Positivement, le jeune avocat essaya. Mais, après cinq minutes d'efforts inutiles:
—Je comprends, fit-il, que mademoiselle de Chandoré avait raison de nous dire que nous saurions la vérité. Monsieur de Boiscoran et elle étaient convenus autrefois d'un chiffre...
Grand-père Chandoré leva les mains vers le ciel.
—Voyez-vous ces petites filles, dit-il, voyez-vous!... Nous voilà à sa discrétion, puisqu'il n'y a qu'elle pour nous traduire ce grimoire.
Si, en accompagnant la marquise de Boiscoran chez Mme Séneschal, Mlle Denise espérait dissiper les tristes pressentiments dont elle était agitée, son espoir fut déçu. L'excellente femme du maire n'était pas de celles à qui on peut aller demander du courage aux heures de défaillance. Elle ne sut que se jeter alternativement dans les bras de Mme de Boiscoran et de Mlle de Chandoré, et leur répéter, en éclatant en sanglots, qu'elle les tenait, l'une pour la plus malheureuse des mères, l'autre pour la plus infortunée des fiancées.
Cette femme croit donc Jacques coupable? pensait, non sans irritation, Mlle Denise.
Et ce n'est pas tout. En revenant, vers le haut de la rue Mautrec, non loin de la maison où étaient provisoirement installés le comte et la comtesse de Claudieuse, elle entendit un jeune garçon qui criait: «M'man, viens donc voir la mère et la bonne amie de l'assassin!»
La pauvre jeune fille rentrait donc plus affligée qu'elle n'était partie, lorsque sa femme de chambre, qui, bien évidemment, guettait son retour, lui dit que son grand-père et maître Folgat l'attendaient dans le cabinet du baron.
Sans prendre le temps d'ôter son chapeau, elle y courut, et dès qu'elle entra: