Il sortit, et Jacques de Boiscoran s'affaissa comme une masse sur une des chaises de la prison.
—C'en est fait, balbutiait-il, je suis perdu!
XV
Pendant ce temps, rue de la Rampe, l'anxiété était affreuse.
Dès huit heures du matin, tantes Lavarande et la marquise de Boiscoran, M. de Chandoré et maître Folgat étaient venus s'établir au salon et y attendre le résultat de l'entrevue.
Mlle Denise ne descendit que plus tard, et son grand-père ne put s'empêcher de remarquer qu'elle s'était préoccupée de sa toilette.
—N'allons-nous pas revoir Jacques! répondit-elle avec un sourire où éclataient la confiance et la joie.
C'est qu'en effet elle était bien persuadée qu'il devait suffire d'un mot de Jacques à son avocat pour confondre la prévention, et qu'il allait reparaître triomphant au bras de maître Magloire.
Les autres ne partageaient pas ces espérances. Tantes Lavarande, plus jaunes que leurs vieilles dentelles, se tenaient immobiles dans un coin, Mme de Boiscoran dévorait ses larmes, et maître Folgat faisait son possible pour paraître absorbé dans la contemplation d'un recueil de gravures. Moins maître de soi, grand-père Chandoré arpentait le salon, les mains derrière le dos, répétant toutes les dix minutes:
—C'est incroyable comme le temps semble long quand on attend!