Et il la suivit, en effet, d'un pas pesant, et composant de son mieux son visage, pour y effacer les traces des terribles émotions par lesquelles il venait de passer.
C'est dans son salon du premier étage que les tantes Lavarande avaient entraîné Denise et Mme de Boiscoran. C'est là que M. de Chandoré alla les rejoindre et qu'il les trouva, Mme de Boiscoran affaissée sur un fauteuil, pâle et toute défaillante, Mlle Denise, au contraire, marchant de çà et de là d'un pas fiévreux, la joue en feu, les yeux étincelants.
Dès qu'il parut:
—Eh bien! il n'y a plus d'espoir, n'est-ce pas? lui demanda sa petite-fille d'un ton bref.
—Plus que jamais, au contraire, répondit-il en se forçant à sourire.
—Alors pourquoi maître Magloire nous a-t-il fait sortir?
Le vieux gentilhomme avait eu le temps de ruminer un mensonge.
—Parce que, dit-il, Magloire avait à nous annoncer une nouvelle fâcheuse. Impossible d'espérer une ordonnance de non-lieu. Jacques subira un jugement...
Tout d'un bloc, Mme de Boiscoran se dressa.
—Jacques en cour d'assises! s'écria-t-elle, mon fils, un Boiscoran!