—Et, pour se venger, elle a essayé d'assassiner son mari.

—Elle voulait être libre...

D'un formidable juron, le marquis de Boiscoran interrompit sa femme:

—Et voilà tout ce que Jacques a trouvé! s'écria-t-il. C'est pour aboutir à cette histoire qu'il s'est tu pendant l'instruction!

—Vous ne me laissez pas parler, monsieur. Notre fils est victime de coïncidences inouïes...

—Naturellement! Les coïncidences inouïes sont l'éternel refrain de quelques milliers de gredins que l'on condamne chaque année. Pensez-vous donc qu'ils avouent? Jamais. Interrogez-les, tous vous prouveront qu'ils sont victimes de la fatalité, d'une intrigue ténébreuse et, enfin, d'une erreur judiciaire. Comme s'il pouvait y avoir des erreurs judiciaires, à notre époque, après l'enquête du juge d'instruction et l'examen de la chambre des mises en accusation...

—Vous verrez maître Folgat, il vous dira ses espérances.

—Et si elles échouent?... Mme de Boiscoran baissa la tête.

—Qu'adviendrait-il? insista le marquis.

—Tout ne serait pas encore perdu, monsieur; mais alors nous aurions cette horrible douleur de voir notre fils traduit en cour d'assises.