—Pourquoi non? J'en ai, par ma foi, vu bien d'autres!

—Alors vous pensez que, malgré tant de charges qui l'accablent, il faut croire à son innocence?

—Permettez, je ne pense rien. Diable! il faut étudier une affaire avant d'émettre son opinion. (Il sourit, et regardant le jeune avocat:) Mais voilà bien des préambules, fit-il. Qu'attendez-vous donc de moi?

—Votre aide, pour faire jaillir la vérité. L'homme de la préfecture, assurément, s'attendait à quelque proposition de ce genre. Après une minute de réflexion, regardant fixement maître Folgat:

—Si je vous ai bien compris, reprit-il, vous voudriez procéder à une contre-instruction au bénéfice de la défense?

—Précisément.

—Et à l'insu de l'accusation?

—Juste.

—Eh bien! il m'est impossible de vous servir. Le jeune avocat était trop au courant des affaires pour n'avoir pas prévu une certaine résistance, et il s'était préoccupé des moyens de triompher.

—Ce n'est pas votre dernier mot, mon cher Goudar, dit-il.