—Cela étant, maître, reprit-il, je vous quitte... Je vais aller rôder rue de la Ferme-des-Mathurins, autour de la maison de monsieur de Tassar de Bruc, le père de madame de Claudieuse. Peut-être y récolterai-je quelque chose. Demain, je passerai la journée à étudier à la loupe la maison de la rue des Vignes, et à interroger les fournisseurs dont vous m'avez donné la liste. Après-demain, j'aurai probablement fini ici. Donc, dans quatre ou cinq jours, vous verrez arriver à Sauveterre un individu qui sera moi. (Et se levant:) Car il faut que je sauve monsieur de Boiscoran, ajouta-t-il; je le veux, il le faut... il a une trop jolie maison... Allons, au revoir à Sauveterre.
Quatre heures sonnaient.
Sur les talons de Goudar, maître Folgat quitta le café et descendit les quais pour gagner la rue de l'Université. Il avait hâte de revoir M. et Mme de Boiscoran.
—Madame la marquise repose, lui répondit le valet auquel il s'adressa, mais monsieur le marquis est dans son cabinet.
C'est là, en effet, que le jeune avocat le trouva, encore tout bouleversé de l'épouvantable scène du matin.
Il n'avait rien dit à sa femme qu'il ne pensât, malheureusement; mais il était désespéré de l'avoir dit en de telles circonstances. Et, cependant, il en éprouvait un grand soulagement, car, en vérité, il se sentait en partie délivré des horribles doutes dont il avait si longtemps gardé le secret.
Lorsqu'il vit entrer maître Folgat:
—Eh bien? interrogea-t-il d'une voix altérée. Minutieusement le jeune avocat répéta le récit de la marquise; mais il dit, en outre, ce qu'elle n'avait pas pu dire, puisqu'elle l'ignorait: les projets désespérés de Jacques.
À cette révélation, M. de Boiscoran eut un geste désolé.
—Malheureux! s'écria-t-il. Et moi qui l'accusais!... Il songeait à se tuer!