—Peut-être avez-vous raison, Jacques, murmura-t-elle. Mais, malheureux, si vous êtes condamné!...
—Eh bien! j'aurai du moins fait mon devoir. J'aurai tenu tête à la destinée et défendu mon honneur. Et, quelle que puisse être la condamnation, elle ne me terrassera pas, et tant que mon cœur n'aura pas cessé de battre, je continuerai à lutter. Et si je meurs avant d'avoir démontré mon innocence, c'est à mes amis, à mes parents, à vous, Denise, que je léguerai la tâche de poursuivre ma réhabilitation!
Elle était digne de comprendre et de partager de tels sentiments.
—J'ai eu tort, Jacques, dit-elle en lui tendant la main, il faut me pardonner...
Elle s'était levée, et après quelques instants elle s'apprêtait à se retirer, lorsque Jacques la retint.
—Je ne veux pas fuir, dit-il, mais les gens qui consentaient à favoriser mon évasion ne consentiraient-ils pas à me fournir le moyen de passer un soir quelques heures hors de la prison?
—Je le crois, répondit la jeune fille, et si vous le voulez, je m'en assurerai.
—Oui. Ce serait peut-être une suprême ressource...
Ils se séparèrent, sur ces mots, en s'exhortant au courage et en se promettant de se revoir les jours suivants.
Mlle Denise rejoignit la pauvre tante Lavarande, bien lasse de sa longue faction, et elles se hâtèrent de regagner la rue de la Rampe.