—Quoi, fit-il, cette lettre...

—Nous accable, mon cher client, acheva maître Folgat. Ne vous la rappelez-vous donc plus? Vous y dites à votre fiancée que vous serez privé du bonheur de passer la soirée près d'elle par une affaire de la plus haute importance et qui ne souffre point de retard. Donc, d'avance, et après mûres réflexions, vous vous proposiez d'employer votre soirée à une certaine chose. Quelle? L'assassinat de monsieur de Claudieuse, prétend l'accusation. Que lui répondrons-nous?

—Mais, pardon, cette lettre, mademoiselle Denise ne l'a certainement pas communiquée.

—Non, mais l'accusation sait son existence. Monsieur de Chandoré et monsieur Séneschal, croyant vous disculper, en ont dit et redit le contenu. Et monsieur Galpin-Daveline la connaît si bien qu'il vous en a parlé à diverses reprises, et que vous avez avoué tout ce qu'il pouvait souhaiter.

Le jeune avocat cherchait parmi les papiers étalés sur la table. Bientôt il eut trouvé.

—Tenez, reprit-il, dans votre troisième interrogatoire, voici ce que je lis:

DEMANDE.—Vous deviez épouser prochainement mademoiselle de Chandoré?

RÉPONSE.—Oui.

D.—Vous passiez près d'elle, depuis assez longtemps, toutes vos soirées?

R.—Toutes.