D.—Quelle était cette affaire?
Au moment où l'accusé ouvre la bouche pour répondre, M. le président l'arrête d'un geste:
D.—Prenez garde... Cette question vous a été adressée pendant l'instruction, et vous avez répondu que vous aviez à aller à Bréchy voir votre marchand de bois.
R.—J'ai répondu cela, en effet, sur le premier moment... Ce n'est pas exact.
D.—Pourquoi avez-vous menti?
L'Accusé (avec un mouvement de colère qui n'échappe à personne).—Je ne pouvais croire à la gravité de ma situation. Je ne pensais pas pouvoir, moi, être sérieusement compromis par l'accusation qui, cependant, m'amène sur ce banc... Ce étant, je ne voyais pas la nécessité de livrer le secret de mes affaires privées.
D.—Mais vous n'avez pas tardé à reconnaître la gravité de votre situation.
R.—En effet.
D.—Comment alors n'avez-vous pas dit la vérité?
R.—Parce que le magistrat chargé de l'instruction avait été jadis trop avant dans mon intimité pour m'inspirer une entière confiance.