«—Quels papiers?...
«J'allais jouer ma dernière carte.
«—Tu le sais aussi bien que moi, répondis-je. Un homme comme toi qui, depuis vingt ans, se mêle à toutes les intrigues et se salit à tous les tripotages, est bien forcé de garder par devers lui des tas de paperasses qui le compromettent terriblement, c'est vrai, mais qui à un moment donné, aussi, peuvent être des armes. Toi qui es prudent, et qui connais tes amis de la rue de Jérusalem, tu n'as jamais rien conservé chez toi. On pouvait, en ton absence, fouiller ta maison, comme on a fouillé celle du père Coutanceau, quand on lui a si subtilement enlevé les pièces dont il menaçait de se servir. C'est à moi que tu confiais tout ce que tu jugeais dangereux. Tu me disais: «Tiens, serre, ce n'est rien, mais j'y tiens.» Moi je serrais fidèlement; seulement, comme j'aime à connaître la valeur de ce que je garde, j'examinais. Je ne suis qu'une bête, mais je sais lire. J'ai lu... cela te suffit-il?
«Il se contenait encore, mais à peine, oh! à grand'peine.
«—Et si je te demandais de me rendre ces papiers? interrogea-t-il.
«—Je te répondrais, dis-je, que je ne les rendrai qu'à mon mari.
«—De sorte que si j'épouse Mlle Simone...
«—Je les utiliserai...
«—Toi!
«Cette fois, bien ostensiblement, je pris le cordon de la sonnette.