Comparé à ces deux honorables personnages, leur compagnon, M. Coutanceau, pouvait passer pour un petit saint.
Ce dernier n'était, à vrai dire, qu'un vulgaire faiseur, qui depuis quinze ans naviguait sur les récifs du Code, toujours entre le bagne et la maison centrale.
Pris la main dans le sac, il en avait été quitte pour treize mois de prison, mais il s'était vu du même coup contraint de prendre sa retraite.
Il ne s'en consolait pas, encore bien qu'il eût la prudence de se garder pour la soif une poire de quatre-vingt mille livres de rentes. Avec ses apparences de bonhomie et de rondeur, il était vaniteux follement et ambitieux plus encore. Parce qu'il s'était adroitement tiré de quelques tripotages, il se croyait l'étoffe d'un financier de génie, et était, ma foi! prêt à risquer tout ce qu'il possédait pour le prouver.
Enfin, il était avéré que ces trois associés s'étaient trouvés mêlés à toutes les agitations inspirées par une société bonapartiste qui est restée célèbre sous le nom de Club des culottes de peau.
C'est dire la surprise de Mme Delorge quand, un matin, elle aperçut dans la cour M. le vicomte de Maumussy et M. de Combelaine. Ils demandaient à parler au colonel Delorge quand on les conduisit près de lui...
Que voulaient-ils? Mme Delorge ne se le demanda même pas. Elle s'occupait de tout autre chose, quand son attention fut attiré par de grands éclats de voix.
Elle prêta l'oreille: c'était son mari qui jurait, en proie, à ce qu'il lui parut, à une terrible colère...
Presque aussitôt, des pas rapides retentirent dans l'escalier... Évidemment, les deux visiteurs se retiraient beaucoup plus vite qu'ils n'étaient venus.
Mais le colonel descendait sur leurs talons, et quand il arriva dans la cour: