Il avait reconnu l'écriture chérie de Mlle de Maillefert.
Ses mains tremblaient tellement qu'il eut quelque peine à rompre l'enveloppe, et c'est comme à travers un brouillard qu'il lut:
«J'avais perdu toute conscience de ce qui se passait autour de moi, lorsque—me dit ma mère,—vous vous êtes emporté en menaces terribles contre le comte de Combelaine.
«Il faut donc, ô mon unique ami, que je vous répète ce que je vous ai déjà dit: la violence, à cette heure, rendrait inutiles mes souffrances et ne nous sauverait pas.
«Je viens de promettre à la duchesse de Maillefert que vous sauriez vous résigner à notre douloureuse destinée. C'est un horrible sacrifice, je le sais, mais c'est à genoux que je vous le demande, au nom du passé. Me le refuserez-vous? Ai-je eu tort de compter sur votre affection? Répondez-moi.
«SIMONE.»
Des larmes brûlantes comme du plomb fondu jaillissaient des yeux de Raymond.
—Voilà donc, pensait-il, ce qu'elle en est réduite à écrire. Et moi, je me rendrais à ces prières qu'on lui a dictées!... Ah! plutôt la mort mille fois, la plus affreuse et la plus cruelle!...
L'autre lettre lui venait de cette société des Amis de la justice à laquelle, sur la présentation de Me Roberjot, il avait été affilié et qu'il avait fort négligée depuis quelque temps.
«Ce soir, à neuf heures précises, lui écrivait-on, soyez rue des Cinq-Moulins, à Montmartre. Il s'agit d'une communication de la plus haute gravité.»