Établi en France pour l'hiver, le docteur Harvey achevait alors son livre fameux et si effrayant: Des poisons.
Il avait besoin d'un aide, le docteur Legris lui plut, il le prit.
Et il s'y attacha si fortement, qu'il voulait absolument, à la fin de l'année, l'emmener avec lui à Londres, lui affirmant qu'il répondait de son avenir, de sa réputation et de sa fortune.
Bien que fort touché de l'offre, Legris refusa.
Tout en apportant tout ce qu'il avait d'intelligence aux travaux si remarquables d'Harvey, il avait travaillé en vue des concours, et quelques mois plus tard, il était interne à la Pitié.
Les années qu'il y passa ne furent, selon son expression, qu'un coup de collier continu.
Il apportait à l'exercice de sa profession cette passion obstinée qui seule fait les hommes supérieurs.
Il dépensait toute son énergie à ces luttes poignantes contre la maladie, la souffrance, la mort, et il y déployait une sagacité et une fécondité de ressources, une hardiesse parfois, qui étonnaient les plus vieux praticiens.
Ce n'était pas une raison pour que tous ses maîtres fussent ses amis.
Ils l'étaient, cependant.