—Il faut, en effet, reprit-il en baissant la voix pour n'être pas entendu de sa mère, toujours en conférence avec Françoise, il faut que Mme Cornevin soit écrasée de travail. Déjà, l'autre dimanche, elle n'est pas venue dîner avec nous, elle n'a pas davantage paru hier, aujourd'hui elle se prive de la joie de lire en famille, au milieu de nous, une lettre de Jean... Est-ce que tu ne trouves pas cela extraordinaire, toi?...

Visiblement, Mlle Pauline rougissait.

—Mais non, je t'assure, répondit-elle...

—Tu sais donc quelles sont ces commandes si importantes qui la retiennent?

—Certainement. Est-ce que nous ne sommes pas en plein carnaval? est-ce que ce n'est pas demain le mardi gras! Ne faut-il pas des toilettes, des travestissements?...

Elle s'embarrassait, elle devenait cramoisie, elle eût été peut-être obligée de s'arrêter, sans sa mère qui, Françoise partie, lui vint en aide.

Mme Delorge avait entendu les derniers mots.

—Je suis sûre, dit-elle, que Julie—c'est ainsi qu'elle appelait Mme Cornevin,—a beaucoup à faire; cependant je suis un peu surprise qu'elle n'ait pas, en huit jours, pu trouver une heure à passer avec nous.

Raymond hochait la tête, tout en observant sa sœur du coin de l'œil.

Il pensait que c'était lui qu'évitait Mme Cornevin, et que Mlle Pauline certainement avait surpris quelque chose.