Le docteur, peu à peu, s'animait.

Il n'en était encore qu'aux conjectures, mais il lui semblait discerner ces lueurs qui annoncent la vérité, comme l'aurore annonce le jour.

—Oui, reprit-il, Combelaine tient les Maillefert. Vous ne pouvez rien contre lui; il ne craint que médiocrement, soyez en persuadé, Mlle Flora Misri... Dès lors, pourquoi ne presse-t-il pas un mariage qui lui tient tant à cœur et qui lui assure, à lui, l'aventurier taré, l'alliance d'une des plus vieilles familles de la noblesse; à lui, ruiné, la possession d'une fortune immense?... Eh bien! moi je vais vous le dire. C'est que Combelaine n'est pas aussi complètement victorieux que nous le supposons. C'est qu'entre lui et le but de ses vœux se dresse quelque obstacle qui nous échappe. C'est qu'il voit quelque chose que nous ne voyons pas...

—Je cherche, commença Raymond...

Mais le docteur l'interrompit, et lui frappant gaiement sur l'épaule:

—Moi, je ne cherche pas, s'écria-t-il. L'obstacle, la menace, c'est, ce ne peut être que Laurent Cornevin...

La conclusion pouvait être erronée; elle était si logique, que Raymond ne trouva rien à répliquer.

—En ce cas, fit-il, Combelaine sait l'existence de Laurent et sa présence à Paris.

—Peut-être, répondit le docteur...

Puis, après un moment de réflexion: