La joue en feu, les narines frémissantes, Raymond s'était dressé.

—Tout ne serait donc pas dit! s'écria-t-il.

Le docteur Legris souriait.

—Je jurerais que nous touchons au triomphe, dit-il, car il me paraît démontré que de l'ombre où il se cache Laurent Cornevin frappe les derniers coups. Écoutez, au surplus, l'emploi de mon temps depuis midi.

Et rapidement il raconta sa visite à Mme Bergam, la survenue de Grollet et de M. Verdale, ses conventions avec Mme Flora, et enfin les détails qu'il tenait de Peyrolas.

C'était pour Raymond comme un étourdissement.

—Oui, murmurait-il, la lumière se fait... Mais Simone reviendra-t-elle jamais sur sa détermination?...

—Oui, si nous sauvons son frère.

—Hélas! que pouvons-nous pour lui?

—Qui sait?... Ne viens-je pas de vous dire que la discorde est au camp de vos ennemis... car ce n'est pas Verdale qui a dénoncé M. Philippe, c'est évidemment Combelaine... Verdale voulait s'en tenir à la menace. Combelaine, pressé par les événements, l'a exécutée. De là brouille. Maintenant, il nous faudrait un ami ayant sur Verdale une certaine influence. L'avons-nous, cet ami? Oui. Un jour que vous vouliez vous battre avec Combelaine, M. Verdale et Me Roberjot se sont trouvés en présence. Qu'est-il arrivé? Que M. Verdale, en apercevant Me Roberjot, est devenu plus blanc qu'un linge, lui toujours si rouge, et humble jusqu'à la servilité, lui toujours si arrogant. Donc, il y a entre eux quelque chose, une histoire, un secret, que sais-je!... Donc, à l'instant, et sans plus de réflexions, il faut aller trouver Me Roberjot...