—Choisissez-vous un état, gagnez votre vie, et alors vous aurez le droit d'avoir vos idées. Jusque-là...

—Eh!... vous savez bien que, s'il n'avait tenu qu'à moi, je l'aurais, cet état... Vous savez bien qu'en restant près de vous, j'ai cédé à vos sollicitations et aux prières de ma mère... Vous savez bien encore que c'est à peine si j'emploie la cinquième partie du revenu que votre générosité met à ma disposition...

—Dites, pendant que vous y êtes, que si je mourais, vous renonceriez à ma succession.

Il y eut un instant encore de silence, et c'est d'une voix dont l'altération était sensible que le jeune homme répondit:

—Je ne l'accepterais du moins que sous bénéfice d'inventaire.

Décidément la situation devenait très fausse, de Me Roberjot, de Raymond et du docteur Legris, dans ce petit salon où, très évidemment, on ignorait leur présence.

—Descendrons-nous jusqu'à surprendre les secrets de ces gens-là! murmura Raymond.

—Nous en apprendrions sans doute de belles! grommela le docteur.

Mais le parti de Raymond était pris. Saisissant une chaise assez lourde, il la renversa bruyamment, en disant:

—Comme cela, ils sauront qu'on les entend...