Après la vente de chacun des lots dont M. Verdale se portait acquéreur, un étranger, un Anglais, se présentait dans l'étude du notaire, et, moyennant la surenchère égale, devenait l'adjudicataire définitif ou provoquait une nouvelle adjudication.

—Vous écrire tout cela eût été trop long, mon cher Delorge, disait en achevant le vieil ingénieur; j'ai préféré venir vous le raconter, vous serrer la main par la même occasion, et jouir de votre étonnement...

Mais Raymond n'était que fort médiocrement surpris.

Les réticences de M. Verdale, la veille, l'avaient préparé à la découverte de ces manœuvres si habilement préparées pour s'attribuer une part des dépouilles de Mlle de Maillefert, et si inopinément déjouées.

Et, quant à cet Anglais qui arrivait si à propos, des millions à la main, pour ruiner les projets du directeur de la Caisse rurale, qui pouvait-il être, sinon Laurent Cornevin?...

Ce fut l'opinion de M. de Boursonne, lorsque Raymond l'eut mis au courant de la situation.

Et ils en étaient à calculer les conséquences de ces événements, lorsque, la porte s'ouvrant brusquement, le docteur Legris reparut, tout essoufflé d'avoir monté les escaliers quatre à quatre, et rayonnant de joie.

—Victoire! s'écria-t-il dès le seuil; le Combelaine, cette fois, ne s'en tirera pas...

Mais il s'arrêta court... Il venait de voir le vieil ingénieur qu'il n'avait pas aperçu tout d'abord.

—Vous pouvez continuer, cher docteur, dit vivement Raymond, monsieur est le baron de Boursonne, pour qui je n'ai pas de secrets.