—Quoi! les représentants aussi!...
—Les représentants surtout! répondit une autre voix.
Ainsi, c'étaient les représentants du peuple que les soldats chassaient du palais! Quelques-uns se débattaient, refusaient d'avancer, et on les poussait, la crosse dans les reins.
Deux ou trois essayèrent de haranguer les troupes. Ils furent aussitôt enveloppés et entraînés par la rue de Bourgogne.
Perdue dans cette mêlée, Mme Delorge cherchait à se dégager et à gagner les quais, lorsqu'un homme vint à elle, qu'elle reconnut pour un représentant du peuple qu'elle avait vu plusieurs fois avec son mari.
Il était fort rouge, agité d'un tremblement nerveux, et c'est d'un accent rauque qu'il lui demanda, sans même la saluer:
—C'est bien à madame la générale Delorge que j'ai l'honneur de parler?
—Oui, monsieur...
—Eh bien! madame, vous voyez ce qui se passe... Le président de la République égorge cette République qu'il avait juré de protéger et de défendre... Il dissout l'Assemblée à coups de baïonnettes... Et penser qu'il a trouvé des généraux pour être complices d'un tel forfait... Mais le général Delorge, l'honneur et la loyauté mêmes, n'en est pas, lui, n'est-ce pas, madame? Sait-il ce qui arrive?... De grâce, courez le prévenir, qu'il vienne, qu'il vienne bien vite...
—Le général Delorge est mort, monsieur!...