Sur ces mots, il sortit d'un dossier deux feuilles de papier portant le timbre de la préfecture de police, et en présenta une à Mme Delorge:

—Veuillez lire, lui dit-il, les notes qu'on me transmet sur vos obligés.

Elle lut à demi-voix:

«CORNEVIN (LAURENT), trente-deux ans, né à Fécamp. Domicilié, en dernier lieu, rue Marcadet, à Montmartre.

«Époux de Julie Cochard. Cinq enfants.

«Sans antécédents judiciaires.

«Successivement valet d'écurie et cocher, Cornevin n'a pas laissé de bons souvenirs dans les diverses maisons où il a été employé. Il savait son métier et le remplissait exactement, mais il était emporté, insolent et brutal.

«Poursuivi en 1846 pour coups et blessures, il n'obtint une ordonnance de non lieu qu'aux démarches réitérées du maître qu'il servait alors.

«Lorsqu'il entra, en 1850, à l'Élysée, il quittait la maison du marquis d'Arlange, qui lui avait donné un bon certificat—mais on sait ce que valent ces sortes de pièces.

«A l'Élysée, on n'eut qu'à se louer de lui dans les commencements.