«Sa sœur cadette, Adèle Cochard, ancienne figurante d'un petit théâtre, est célèbre dans le monde de la galanterie sous le nom de Flora Misri.»

Si, en produisant ces notes de police, M. d'Avranchel avait compté détacher Mme Delorge de la famille Cornevin, sa déception dut être grande.

Elle garda un silence glacial... et pour beaucoup de raisons:

En premier lieu, l'intérêt qu'elle portait aux Cornevin était indépendant de toute espèce de circonstance.

Laurent savait la vérité, il était victime de son empressement à venir la lui révéler: cela primait tout.

Puis, malgré le parti pris que trahissaient les notes, que reprochaient-elles en somme à ces pauvres gens?

On accusait le mari d'être brutal et grossier. Eh! s'il eût eu l'éducation et les façons d'un gentilhomme, il n'eût pas été palefrenier.

On reprochait à la femme l'inconduite de son père, de sa mère et de sa sœur... Eh bien! ayant eu de tels exemples sous les yeux, elle n'avait que plus de mérite à se bien conduire.

Ces réflexions traversèrent en une seconde l'esprit de Mme Delorge, mais elle n'en souffla mot, et rendant les notes au juge:

—Puisqu'il en est ainsi, reprit-elle, quel est donc l'homme qui a tenu la lanterne?