—Qui sait? En vous disant qu'il n'y a rien à faire, je n'ai pas entendu vous conseiller une lâche résignation... Non. Il nous reste Cornevin...
Ah! cette fois l'avocat n'était que l'écho des pensées de la malheureuse femme.
—C'est vers cet homme, poursuivit Me Roberjot, que doivent tendre toute notre attention et tous nos efforts. A-t-il été assassiné? Je ne le crois pas. M. de Combelaine est trop habile pour risquer un crime qui n'est pas indispensable. Or, dans le tourbillon des événements, il lui était aisé de faire disparaître Cornevin. Donc, c'est ce moyen qu'il a dû prendre. Cornevin, arrêté, a dû être déporté quelque part... Où? c'est à nous de le découvrir.
Le visage de Mme Delorge, illuminé un moment par l'espérance, s'était assombri de nouveau.
—Moi aussi, monsieur, reprit-elle, j'ai songé à Cornevin... Moi aussi, je crois qu'il est vivant encore et qu'il peut me fournir les armes d'une revanche terrible.
—Et alors?...
—Alors, j'ai tout fait au monde pour m'attacher sa femme, pour l'intéresser à mes espérances.
—Vous avez fait cela!...
—Oui. Je me suis engagée à servir une rente à cette malheureuse, et l'ainé de ses fils sera élevé avec mon fils, et exactement comme lui...
Me Roberjot paraissait si consterné qu'elle ajouta: