—Depuis bien des années, à ce que l'on dit, répondit l'avocat.
Et stupéfait de l'émotion de Mme Delorge, ne sachant plus que croire, ne sachant plus ce qu'il disait surtout:
—Vous connaissez cette femme, madame? interrogea-t-il.
Mais elle était bien trop troublée, pour remarquer l'étrangeté de la question.
—Je la connais, oui, monsieur, répondit-elle.
Et appuyant sur chaque mot, comme pour lui bien donner toute sa valeur:
—Le vrai nom de cette femme, continua-t-elle, est Adèle Cochard. Elle est la sœur de la femme de Laurent Cornevin.
Me Roberjot n'en pouvait croire ses oreilles.
—Êtes-vous bien sûre de ce que vous dites, madame? demanda-t-il.
—Aussi sûre qu'on peut l'être d'un renseignement fourni à la justice par la préfecture de police. C'est dans le cabinet du juge d'instruction que, pour la première fois, j'ai entendu prononcer ce nom de Flora Misri. M. Barban d'Avranchel faisait presque un crime à Mme Cornevin d'être la sœur d'une telle femme.