—Eh bien?... interrogea-t-elle.
L'avocat hocha la tête:
—Lors de la première visite de Mme Cornevin au boulevard des Capucines, répondit-il, M. de Combelaine et Flora n'étaient convenus de rien: de là leur surprise et leur réponse... Le lendemain ils s'étaient entendus. Et du résultat si différent des deux démarches résulte pour moi la presque certitude de l'existence de Laurent Cornevin...
—Telle a été mon opinion première, approuva Mme Delorge.
—S'il existe, son témoignage subsiste toujours. S'il est emprisonné quelque part, on peut le retrouver.
—Assurément.
M. Ducoudray se dressa.
—Eh bien! je le retrouverai, déclara-t-il, et c'est à cette tâche que désormais je voue ma vie. C'est un drôle de métier que je vais faire, m'allez-vous dire, un métier de policier. Soit! Je m'en ferai gloire si je réussis, je n'en rougirai pas si j'échoue. Servir une juste cause, sous quelque forme que ce soit, est toujours honorable, quoi que prétendent les gredins. Mais je réussirai. Pourquoi donc un honnête bourgeois de Paris, qui a eu l'adresse de faire fortune, ce qui n'est déjà pas si facile, ne serait-il pas aussi adroit que n'importe quel agent de la préfecture?
Mme Delorge ne pouvait être que bien reconnaissante à M. Ducoudray de ses généreuses intentions; mais ses regards ne cessaient d'interroger Me Roberjot.
—Mais nous, en attendant, lui demanda-t-elle, que faire?...