Mais, enfin, il n'y eut plus personne à qui passer la plume, et le cortège, reprenant sa marche, put gagner la salle de spectacle, où les artistes de l'Opéra attendaient, pour exécuter une cantate dont Méry avait écrit les paroles et Auber composé la musique:
| A notre impératrice aux doux climats choisie, |
| Chantez avec des voix qui sachent nous ravir, |
| Les airs que redira l'écho d'Andalousie |
| Aux collines du Tage et du Guadalquivir. |
| Espagne bien-aimée, |
| Où le ciel est vermeil, |
| C'est toi qui l'a formée |
| D'un rayon de soleil... |
Le lendemain, 30 janvier, des milliers de curieux se pressaient le long des quais et s'étouffaient aux alentours du parvis Notre-Dame.
Le mariage religieux de l'empereur allait avoir lieu.
Un peu avant midi, les grilles des Tuileries tournèrent sur leurs gonds, et des carrosses dorés sortirent, que les vieux Parisiens reconnurent pour les avoir vus lors du sacre de Napoléon Ier et lors du baptême du roi de Rome...
L'empereur et l'impératrice occupaient le premier. Dans le second étaient le prince Jérôme et le prince Napoléon.
Quelques vivats se firent entendre, lorsque les deux époux, au retour de la cérémonie, se montrèrent au grand balcon des Tuileries.
Le soir, le repas de famille terminé, une cantate de Mme Mélanie Waldor fut chantée par des artistes en costume espagnol:
| Célestes concerts, |
| Douce harmonie, |
| Glissez dans les airs. |
| Chantez la grâce unie |
| Au génie. |
| Chantez Eugénie |
| Et les amours |
| Durant toujours. |
C'est par M. Ducoudray que Mme Delorge, au fond de sa retraite, était informée de tous ces détails.